vendredi 22 janvier 2016

Souvenir, souvenir

Je ne sais pas trop ce qui m'a pris. Je me suis mis à parler, à faire des grands gestes. À me mettre en avant. Oui, moi. J'étais euphorique, et je ne me souviens pas trop pourquoi. Si, je m'en souviens. J'avais fait un choix, conscient, délibéré – je m'étais libéré, de fait. Et là, trois mois plus tard, j'étais grisé par l'air du large, si on veut. Je parlais et, étonnamment, on m'a répondu. Un sourire dans la foule. Je me suis dit, pourquoi pas – euphorique, je vous dis – et je suis resté près d'elle.

Une foule, ça bouge d'une certaine manière, qui doit assez peu, finalement, au hasard. Y suivre quelqu'un requiert un certain effort, une stratégie. C'est la raison pour laquelle j'ai fini par me rendre compte que, en fait, c'était elle qui restait près de moi. J'en suis resté – comment vous dire – comme Lazare quand l'autre lui a dit de ramener ses fesses. Ça tenait effectivement, à mes yeux, du miracle.

On a parlé, bien sûr. On ne s'est pas compris, au final, et Lazare est bien vite retourné nourrir les asticots. Bis repetita non placent, comme auraient dû dire les Anciens. Mais, pour citer un poète, au moins, ce passage-là était vraiment bien. Ce passage-là était bien.

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