mardi 16 décembre 2014

DDC : Sataniste

Sataniste : n. m. Croyant d'une religion minoritaire issue de la Bible (encore une), ayant fait le choix d'adorer une divinité qui apparaît à peine trois fois dans le bouquin. Ils sont connus surtout pour aimer les chats, et faire généralement partie des méchants, même si eux s'en défendent.

dimanche 14 décembre 2014

DDC : Au cas par cas

Au cas par cas : loc. adv. Méthode la plus efficace pour accomplir une tâche de la manière la moins efficace.

mardi 9 décembre 2014

DDC : Bananisation

Bananisation : n. f. Châtiment suprême sur la planète des singes, consistant à transformer le coupable en banane. Peine réservée aux mâles, les femelles subissant elles la moulisation.

dimanche 7 décembre 2014

Dico des cons

Excès : n. m. Après coup, fait de ne pas être allé assez loin. Appel à recommencer.
Larme : n. f. Résultat de la distillation forcenée des sentiments. Parfois, nec plus ultra de la fausseté humaine.
Zoo : n. m. Lieu d'éducation essentiel afin de pouvoir montrer aux enfants que Bambi est un connard.
Œuf : n. m. Meilleure manière de faire cuire une poule.
Porte : n. f. Distributeur d'hématomes, voire de fractures. Entièrement gratuit.
Pénombre : n. f. I. Lumière en état de dépression avancée. II. Ombre tapineuse fardée à la truelle.
Biscuit : n. m. Élément architectural de base chez les bonshommes en pain d'épice.

« Hortense »

Le premier nom d'Hortense, c'est Félicia. Mais ça fait bien longtemps qu'on ne l'a pas appelée par ce prénom. Toute petite déjà, elle insistait pour qu'on l'appelle Félix. Car oui, elle voulait être un garçon. Mieux, elle savait qu'elle était un garçon, que Dame Nature s'était juste trompée en la collant dans un corps de fille. Il lui a fallut du temps pour convaincre les bonnes personnes mais finalement, des années plus tard, elle a finit par réparer l'erreur, et est devenue un homme. Ça lui a coûté cher, au sens propre comme au figuré. Heureusement, au fil du temps, les choses se sont appaisées, petit à petit. Il a même réussi à reparler à ses parents, et eux sinon à accepter, du moins à tolérer ce qu'il est. Oui mais voilà, à l'aube de la cinquantaine, Félix s'est rendu compte qu'il aimait toujours s'habiller en femme. Ne vous méprenez pas, Félix est bien un homme, il n'a aucune envie de rejoindre de nouveau la gent féminine. Il en connaît trop bien les travers. Mais depuis six mois, chaque vendredi soir, il revêt ses plus beaux atours, sa belle robe bleue et ses escarpins dorés, il se maquille comme sa mère le lui avait appris, trente ans auparavant, et c'est sous le nom si joliment désuet d'Hortense qu'il va arpenter le dance-floor du Saltimbanque, où il passe la nuit à danser, à célébrer sa vie, sa liberté, au milieu de ses frères et sœurs métamorphosexués. Et vous savez quoi ? Il est heureux.

Appartement 913


Le jeune homme est assis dans un rocking-chair. Il se balance doucement. Les yeux fermés, il n'a pas l'air d'écouter la télé qui hurle à voix basse. La pendule affiche 0:32.

Ouvre la porte.

Le death metal en sourdine a laissé la place à un talk show pastel et insipide. Le fauteuil ne se balance plus. Le soleil entre par la fenêtre et éclaire le jeune homme en contre-jour. Ses yeux sont fermés. La pendule affiche 9:15.

Ouvre la porte.

À l'écran, un homme qui sourit trop vante les mérites d'un aspirateur qui ne convainc pas assez. Des rires d'enfants se font entendre à travers la vitre. La pendule affiche 14:43.

Ouvre la porte.

Deux flics de choc poursuivent pied au plancher deux truands qui tentent de se faire la malle. Les pneus crissent, les balles claquent, toujours à volume réduit. L'orange du soleil couchant se reflète sur la tôle du supermarché d'en face, et donne une teinte chaude à la pièce. Rien ne bouge. La pendule affiche 19:59.

Ouvre la porte.

La nuit est tombée. Il fait froid dans l'appartement. On n'entend pas le moindre bruit, à part la télé qui pousse de nouveau la chansonnette, in petto. C'est l'heure où tout le monde dort. Soudain, le torse du jeune homme s'affaisse. Son bras tombe le long du fauteuil, et avec lui le garrot qui se défait, et la seringue qui teinte contre le parquet. La pendule affiche 1:08.

Ferme la porte.